J’ai un petit jardin là où je vis et je nourris l’hiver les moineaux et mésanges qui se délectent à jouer dans les arbres.

Ce matin, les oiseaux m’ont réveillé de très bonne heure. Ils chantaient avec une musicalité peu commune. Ils ne se sont pas arrêtés avec le coronavirus et personne ne leur a dit de rester chez eux. Pourtant ce matin, dans ce lieu si calme, il semblait bien qu’ils savaient que quelque chose se passait. Alors mêlé au silence, leur musique transcendait l’espace et émerveillait l’instant.

Je connais ce silence car il me ressemble. J’ai vécu de très nombreux moments dans des lieux, en retraite, surtout dans ma deuxième famille en Inde près de l’Himalaya, où c’est ce même calme qui règne en permanence. Cependant, vivre cela alors que nous n’y sommes pas préparés, c’est quelque chose qui peut être très compliqué.

C’est pour cette raison que je fais ces apparitions silencieuses pour faire sentir que ralentir et prendre le temps de découvrir cet espace en soi est une période opportune. Tout peut-être bienvenu si nous pouvons juste ralentir un peu et prendre conscience de chaque geste, chaque parole, chaque acte échangé avec nos proches et amis ainsi qu’avec nous-même.

Mon cœur est avec toutes ces personnes qui souffrent et meurent seules. Il est avec tous ces médecins et personnels soignants qui mettent leur vie en jeu pour nous sauver. Il est avec tous ceux qui accompagnent l’Humain de quelque manière que ce soit, avec chaque personne qui voit jour après jour leur capital santé et/ou financier s’amoindrir.

Mon cœur se joint à tous, pour chaque difficulté qui lui est propre. Mon cœur est avec ce TOUT qui paraît si extérieur et loin de nous et qui pourtant ne demande qu’à être notre quotidien et qui attend avec tant de bienveillance.

Et pendant que tout cela est, la nature se refait une santé car jusqu’à présent, c’est elle qui souffrait en silence de nos mauvais traitements.

Je vous serre contre mon cœur qui que vous soyez,

Vilaas

Texte inspiré – Vilaas

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