Un jeune moine indien, vivait vêtu d’un simple pagne. Il mangeait à peine, juste ce qui lui paraissait nécessaire et passait ses journées dans la prière et la méditation. Il avait renoncé aux biens du monde, à la richesse et la beauté des femmes.

Un jour qu’il passa près d’un magnifique palais d’un maharadjah, celui-ci le vit et invita le jeune homme à venir partager sa table. Le maître des lieux, un homme détendu et souriant, lui présenta sa table, somptueuse. Mais le jeune moine se contenta d’une poignée de riz cuit à l’eau. Il refusa ensuite tous les délices que les serviteurs, vêtus de soie, lui proposaient : les fruits, les desserts, les boissons enivrantes…

Le maharadjah lui fit visiter son palais et l’emmena alors dans son harem. Ici vivaient de nombreuses femmes, plus belles les unes que les autres ! Mais le jeune homme, malgré les charmes déployés sous ses yeux, malgré les doux parfums qui l’entourait, refusa de lever son regard. Il traversa le harem sans être perturbé un seul instant.

Il traversa même la salle des coffres, remplis de bijoux d’or et de pierres précieuses, sans aucune émotion.

Le maharadjah, toujours souriant, lui proposa alors un bain dans son bassin extérieur. Le jeune moine accepta, le bain n’étant pas objet de renoncement. Avant d’entrer dans le bassin, il enleva son pagne, l’unique vêtement qu’il possédait et le laissa sur les marches d’un escalier.

Les deux hommes entrèrent dans l’eau fraiche. Le maharadjah flottait sur le dos, tout en fumant un cigare. Le moine nageait tranquillement à côté.

Tout à coup, un incendie féroce se déclencha dans le palais ! On entendit des cris de terreur, on vit de hautes flammes lécher les murs de la demeure, des hommes et des femmes courir dans tous les sens…

Le maharadjah, quant à lui, ne bougeait pas… Bien protégé par l’eau du bassin, il observait le désastre, donnait des ordres ça et là… Il coordonnait le sauvetage, tout en fumant son cigare tranquillement….

Petit à petit, la panique se dissipa et l’incendie se calma. Le maharadjah flottait toujours sur l’eau en se délectant de son cigare…

Alors, le jeune homme prit conscience de ses actes. Il était sorti à toute hâte du bassin lorsque l’incendie s’était déclaré. Il s’était jeté sur son pagne, son vieux pagne usé, et il le serrait avidement entre ses doigts pour ne pas le perdre.

Le véritable détachement est un long chemin en soi…

Prendre conscience de ce qui nous attache est déjà un premier pas…

Contes du Monde – Inde

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